Hommage à L'Atalante (1990), un film de Jean Vigo

Heureuse vie, à bord de L'Atalante !

Chapitre : 2001 – Les vidéos comparatives des deux restaurations – (partie 4)

1990 – L’Atalante les vidéos comparatives des deux restaurations – (partie 4)

(c) tous droits réservés. Gaumont

1 – POURQUOI UN NOUVEAU GENERIQUE DANS
« L’ATALANTE » EN 1990?

Jean-Louis Bompoint explique que le premier générique contenait des noms mal orthographiés comme celui de Charles Goldblatt.

De plus il était très incomplet au point de vue technique et concernant les acteurs.

Pour faire ce nouveau générique de l’Atalante il a fait appel à son ami Michel Gondry.

Jean-Louis Bompoint ajoute que bien évidemment son générique a été supprimé lors de la restauration 2001 au profit du premier générique en contenant des fautes d’orthographes comme celle-ci :

Prises de vue au lieu de Prise de vues (cf wikipedia).

2 – MICHEL SIMON ET LA SCENE DU PANCRACE

Dans le scénario original, Jean Vigo souhaitait que le Père Jules (Michel Simon) se batte contre lui-même par un trucage, lors de sa démonstration de Pancrace.

En 1990, Pierre Philippe et Jean-Louis Bompoint, Claude Copin et Gérard Soirant ont exaucé le voeu de l’auteur.

Cette scène a été coupée par Bernard EISENSCHITZ dans la version 2000.


3 – JEAN DASTE ET DITA PARLO DANS LA SCENE DE LA LESSIVEUSE

Lors de leurs recherches Jean-Louis Bompoint et Pierre Philippe ont retrouvé ce plan de Jean Dasté et Dita Parlo chantant Le Chant des Mariniers. Malheureusement il était flou.

Devant la générosité et la fraicheur de ce plan, il a été décidé de l’inclure dans cette restauration en 1990.

Cette scène a été coupée par Bernard EISENSCHITZ dans la version 2000.

4 – LA CHANSON DU CAMELOT DE GILLES MARGARITIS

Séquence inédite du 1er couplet tournée à deux caméras par Jean Vigo retrouvée et intégrée par Jean-Louis Bompoint dans la version restaurée de 1990.

Mutilée par Bernard EISENSCHITZ dans la version 2000.


5 – A LA RECHERCHE DE JULIETTE

Jean-Louis Bompoint raconte qu’il avait retrouvé notamment des rushes inédits qui correspondent d’après le script original de Jean Vigo à la première recherche de Juliette par Jean.

Certains étaient sonores d’autres muets, il a donc fallu restaurer cette séquence le plus plausiblement à partir des éléments originaux de la bande sonore du film et des voix des principaux acteurs.

Supprimée par Bernard EISENSCHITZ dans la version 2000.

6 – POLEMIQUE AUTOUR DU MONTAGE SON DE LA SCENE DES RETROUVAILLES ENTRE DITA PARLO ET MICHEL SIMON

Jean-Louis Bompoint se défend du parti pris sonore dans cette scène où le Père Jules (Michel Simon) retrouve Juliette (Dita Parlo).

En effet, Pierre Philippe et lui ont préféré utiliser Le Chant des Mariniers dans la version orchestrée de Maurice Jaubert qui rappelle plus le disque que Juliette est censé écouter avec ses écouteurs.

Alors que dans la version 2000, Bernard EISENSCHITZ a choisi d’utiliser une version du Chant des Mariniers chantée a capella par des voix qui ne sont même pas celles de Jean Dasté et Dita Parlo !

7 – JEAN DASTE ET LE FAMEUX PLAN DU BLOC DE GLACE

Plan mythique remonté par Pierre Philippe en 1990 dans la séquence du phonographe.

Arbitraire ? peut-être.

Supprimée par Bernard EISENSCHITZ dans la version 2000.


Pourquoi toutes ces scènes ont-elles été coupées dans la restauration de 2000, menée par Bernard Eisenschitz ?

Comme dit Jean-Louis Bompoint : « l’histoire jugera ! »

– BONUS –

LE MYSTERE DU PLAN N°279/A1 DE « L’ATALANTE »

Vous remarquerez que sur le clap de la prise sonore le chef-opérateur est Louis Berger.

Mais où était donc Boris Kaufman ce jour là ?

LE REPORTAGE DE LA BBC SUR LA RESTAURATION DE « L’ATALANTE » EN 1990

par David Thompson

Extrait de l’entretien de la BBC avec Jean-Louis Bompoint

Ce qui est dommage c’est que même pour la première version Vigo n’a pas eu le « final cut» . Il était très conscient de ce point parce qu’il avait demandé à Louis Chavance, le monteur du film, d’être présent au tournage parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas avoir main mise sur le montage. Ce qu’il faut bien savoir aussi c’est que Jean Vigo, théoriquement, n’était pas d’accord avec le premier montage et voulait apporter un certain nombre de modifications, c’est assez flou mais on pense que c’est comme ça (que ça s’est passé). […]

Donc avec les éléments de cette copie que nous avons retrouvé à Berkhamstead, les rushes et les inédits de la Cinémathèque Française et quelques petites jointures que l’on va retrouver dans une copie du Chaland qui passe qui nous a été gracieusement prêté par la Cinémathèque Royale de Belgique, je pense que nous allons arriver à constituer un film aussi complet que possible. […]

Avec Pierre (Philippe), ce que nous avons fait avant de toucher à un seul mètre de pellicule, nous avons voulu retrouver tous les survivants du film. Et à partir de toutes ces rencontres nous avons retrouvé le scénario littéraire du film et surtout le découpage technique avec tous les numéros (de plans). Mais ce qu’il y a de très important c’est que cela nous sert en gros de bible pour respecter l’auteur au maximum.

Il faut bien que le public sache que l’on ne va pas prendre des initiatives personnelles.

En aucun cas on ne veut trahir l’oeuvre de Jean Vigo.

Nous sommes au contraire là pour le servir.

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